burninghat a des idées courtes

Les toutes premières histoires que j'ai lu de Ray Bradbury étaient "Un coup de Tonnerre" puis "Celui qui attend". Je suis tombé dessus par hasard, gamin, pendant des vacances alors que je n'avais plus rien à lire de mes trucs de Fantasy dont je raffolais en cette période-là. 2 petits bouquins en édition Librio qui m'ont très profondément marqué.

Et toi, comment as-tu découvert ce génie ?

La question était de savoir s'il voulait se priver de son compagnon à cause d'une querelle idiote et d'une empoignade grotesque pour savoir qui avait tort et qui avait raison. Or il semblait bien à Ralph qu'il ne le voulait pas, et si cela avait pour conséquence qu'il devait s'excuser auprès de Bill, ça n'était pas si terrible, non ? Pour autant qu'il le sache, il n'y avait pas d'arête cachée dans les trois mots : je suis désolé.

Stephen King, Insomnie

NB: l'emphase est de moi

Ça fait une dizaine de jours que je suis l’heureux propriétaire d’une liseuse Sony PRS-T1. Voilà bien un achat auquel j’ai réfléchi un bon moment avant de me décider. J’ai bien lu quelques bouquins sur mon iphone et même sur mon ipad. Mais si le premier s’y prête bien avec son écran rétina, le second est vite pesant — au sens propre — et les deux me cassent les yeux avec leurs écrans brillant. Du coup ce que je lisais un peu partout à propos de ces readers et de leurs fameux écrans eInk me séduisait beaucoup. Et j’ai craqué !

Culture Libre de Lawrence Lessig
Culture Libre” de Lawrence Lessig

Et je suis ra-vi ! C’est encore mieux que je ne l’espérais. Pensez donc :

  1. taille et poids parfaits : en gros, c’est comme un bon livre de poche
  2. je peux lire aussi bien en plein soleil que dans la nuit (grâce à la petite lampe LED embarquée dans la pochette que j’ai acheté en option)
  3. je peux lire sans lunettes de très près — je suis une taupe — sans me défoncer les yeux comme avec un bouquin papier et rien que ça justifie l’achat
  4. je peux trimballer mes bouquins et toutes mes docs de boulot dans le même appareil et sans me fusiller le dos. Epic Win !

Alors oui par contre c’est lent, même l’affichage est lent et ça peut surprendre. Mais encore, même ça, ça va bien avec la lecture je trouve.

Non le seul inconvénient est toujours le même éternel problème. Celui des éditeurs qui peinent à porter leur catalogue physique vers le numérique et quand ils le font c’est pour te refourguer un fichier aussi cher que le livre — ce qui est absolument injustifiable — et en plus à te le bourrer de DRM jusqu’à l’os.

Du coup je me tourne par exemple vers des éditeurs plus malins et plus modernes qui, eux, ont compris qu’on pouvait proposer des choses d’excellentes qualités sans coller des verrous partout et à un prix qui donne envie de payer.

Merci encore à la Fraise des Bois pour ses précieux conseils.

Aujourd’hui j’ai découvert la revue numérique Angle Mort. C’est arrivé par hasard au détour d’un vieux commentaire sur l’excellent blog de David Bosman alors que j’y cherchais tout autre chose. Bien qu’il en a déjà parlé souvent mais je n’y avais jamais prêté plus attention que ça alors que là — sans raison particulière — oui.

Alors qu’est-ce qu’Angle Mort ? Et bien c’est une revue numérique de genre orientée Sci-Fi, fantasy, fantastique, etc. avec un concept simple mais très intéressant : c’est une revue trimestrielle contenant chaque fois 4 nouvelles. Là où c’est original c’est que la 1ère nouvelle est directement disponible en ligne gratuitement puis les autres au rythme d’une toutes les 3 semaines. Mais si tu es pressé et veux tout lire tout de suite, dans un format pdf, epub ou kindle — pour ta liseuse préférée — ou si tu veux tout simplement soutenir le projet, tu peux acheter le n° complet pour une somme presque symbolique : € 2.99 !

Bref, j’adore le concept ! Là je me suis offert le dernier numéro paru, le 6. J’avoue ne pas avoir été complètement conquis par les nouvelles en soit (mais il me reste la dernière et elle m’a l’air vraiment géniale pour le coup) mais je confirme que le concept est géant. Avoir une nouvelle puis une petite interview de son auteur, c’est top. Je vais suivre cette revue je crois :-)

Je viens de finir le recueil de nouvelles de Stephen King "Nuit noire, étoiles mortes". Autant le dire tout de suite, je ne suis pas un immense fan de ce recueil-là. Et pourtant d'habitude j'étais justement très friand des recueils de nouvelles de King.

Il y a de bons passages et notamment la nouvelle Extension Claire qui est très sympa dans son genre. Mais j'ai trouvé que c'était pour beaucoup de la redite, en moins bien, de ce qu'il a déjà si souvent écrit. J'y ai retrouvé du Dolores Claiborne, du Bazaar, du Misery, du Différentes Saisons entre autre. Et j'ai été relativement agacé par un placement de marques que j'ai trouvé assez peu à propos. Sur les 4 nouvelles on va trouver, hors les habituelles marques de voitures (beaucoup aussi), de barres chocolatées et autres accessoires de la vie courante :

  • Google, souvent
  • Twitter
  • Apple, souvent aussi
  • Bing, sûrement pour la parité avec Google
  • Wikipedia
  • Tom-Tom (qui sera presque un personnage à part entière de Grand Chauffeur)
  • Firefox
  • Youtube
  • Budweiser
  • Seven Up

Et avec tout ça je crois bien que j'en oublie... Bref, on pourrait presque croire que la pub a déjà envahi les livres (et bien sûr que le placement de marques n'est pas une pratique courante que dans le cinéma hein, ne soyons pas naïfs ;-)).

Mais alors que je n'ai pas particulièrement apprécié ce recueil plus que ça, King m'a récupéré avec sa postface. Je ne sais pas si vous lisez les postfaces mais en général moi oui. Et si j'apprécie beaucoup Stephen King l'auteur d'histoires de fiction, j'apprécie énormément aussi King l'auteur de postfaces. Il a un talent certain pour récupérer une histoire moyenne par une postface explicative de son cheminement pour écrire son bouquin. Et là ce fût le cas. De là à ne le lire que pour sa postface, je ne vais pas vous le proposer, ce serait injuste de ma part. J'ai eu le plaisir de retrouver un auteur que j'avais délaissé depuis un bail. Il ne m'a pas transporté comme il a su le faire avec Insomnie, La Part des Ténèbres et tant d'autres mais ça faisait plaisir de le retrouver quand même.

Un recueil à lire si vous le voulez mais qui ne vous manquera pas si vous le délaissez pour sûr.

L'Education populaire, Monsieur, ils n’en ont pas voulu…

Christiane Faure

J’ai lu récemment ce superbe livre de Franck Lepage suite au visionnement de son deuxième spectacle dont je vous avais déjà parlé. En fait d’un livre à proprement parler, c’est plutôt une retranscription de son premier spectacle, Inculture(s). Spectacle libre de droit apprend-on d’ailleurs dans l’introduction ce qui ajoute encore à mon plaisir et à mon admiration pour cet auteur. Et du coup, si vous préférez le format numérique, vous pourrez trouver la version pdf librement disponible sur le site de Scop le Pavé (pdf).

Alors très simplement, je pourrais tenter de vous parler de ce livre sur bien des paragraphes, vous citer tous les passages forts qui m’ont fait rire, fait réfléchir — ce sont souvent les mêmes — mais le problème c’est que je risquerais de citer tout le livre.

Il est très court — à peine 110 pages et c’est écrit grand — et très rythmé. Il se lit donc très très vite. Du coup je me contenterais de vous dire que c’est vraiment un livre à lire absolument et 2 fois au moins. Et à réfléchir aussi. Surtout si les questions du rôle de l’éducation dans la politique d’un pays, de démocratie et de véritable culture sont des questions qui vous interpellent. Et toute cette histoire de Mademoiselle Christiane Faure, c’est si riche.

Moi, en tous cas, j’y ai pris un plaisir énorme. J’y ai appris beaucoup de choses. Et j’y ai pris beaucoup de choses à réfléchir.

Ah et grand plaisir pour moi, il parle aussi beaucoup du novlang utilisé en politique et dans La Culture et croyez-moi, c’est édifiant. Comme il le dit si bien Mesdames et Messieurs, on nous a volé des mots, et on nous a fourgué à la place de la camelote, de la verroterie, de la pacotille.

H2G2 Encore une chose

Eoin Colfer a signé ce 6ème volume de la mythique trilogie initiée par Douglas Adams. J’avoue avoir hésité vraiment vraiment longtemps avant de me lancer dans cette lecture tant j’avais peur d’être déçu par une histoire au rabais qui n’aurait fait que de reprendre les personnages et 2 ou 3 traits d’humour décalé. En gros une histoire qui se serait contentée de profiter de l’univers déjà vénéré d’H2G2 mais sans rien y apporter.

Au final je suis assez partagé… D’une part, Eoin a vraiment réussi un bel exercice de style en reprenant bien l’humour d’Adams. Il y a vraiment des passages hilarants comme par exemple l’entretien d’embauche de Cthulhu pour un poste de dieu de classe A. D’un autre côté il y a des longueurs assez pesantes. Chose que je n’avais jamais ressenti dans aucun des 5 autres volumes — du moins pas à ce point. Marvin manque à l’appel évidemment mais sera remplacé par une autre tête, c’est le cas de le dire.

Je crois que c’est à lire une fois si — et seulement si — on est déjà largement fan de cette saga, qu’on a achevé toute l’histoire originale en rigolant bien et qu’on veut retrouver une dernière fois Arthur, Ford, Trillian, Zaphod et les autres. Cependant il faut la prendre vraiment comme un hommage d’Eoin à Adams et non comme une véritable continuité sinon la déception sera au rendez-vous.

Eoin n’aura pas su me faire rire autant et aussi fort qu’Adams ni m’emmené dans les mêmes délires galactiques. Cependant il m’aura bien permis de retrouver pour un moment cet univers et ces personnages que j’affectionne tant.

Et je dois avouer que ça m’a donner envie de relire encore une fois toute la saga…

Je connaissais bien la citation Tu seras un Homme mon fils de Rudyard Kipling mais n'avais, de mémoire, jamais lu ce poème. Alors j'ai cherché à le lire sur le net. Je suis d'abord tombé sur la traduction française (ou plutôt l'adaptation devrait-on dire) d'André Maurois avant de trouver l'originale.

J'ai eu beaucoup de plaisir à leur lecture alors je vous les livre ici. D'abord l'originale puis la traduction

if

If you can keep your head when all about you
Are losing theirs and blaming it on you,
If you can trust yourself when all men doubt you,
But make allowance for their doubting too;
If you can wait and not be tired by waiting,
Or being lied about, don't deal in lies,
Or being hated, don't give way to hating,
And yet don't look too good, nor talk too wise;

If you can dream - and not make dreams your master;
If you can think - and not make thoughts your aim;
If you can meet with Triumph and Disaster
And treat those two impostors just the same;
If you can bear to hear the truth you've spoken
Twisted by knaves to make a trap for fools,
Or watch the things you gave your life to, broken,
And stoop and build 'em up with worn-out tools;

If you can make one heap of all your winnings
And risk it on one turn of pitch-and-toss,
And lose, and start again at your beginnings
And never breathe a word about your loss;
If you can force your heart and nerve and sinew
To serve your turn long after they are gone,
And so hold on when there is nothing in you
Except the Will which says to them: 'Hold on!'

If you can talk with crowds and keep your virtue,
' Or walk with Kings - nor lose the common touch,
if neither foes nor loving friends can hurt you,
If all men count with you, but none too much;
If you can fill the unforgiving minute
With sixty seconds' worth of distance run,
Yours is the Earth and everything that's in it,
And - which is more - you'll be a Man, my son!

Si

Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et, sans dire un seul mot te remettre à rebâtir
Ou perdre d'un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir,
Si tu peux être amant sans être fou d'amour
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre
et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre;

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter les sots
Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d'un mot,
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous les amis en frères
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, sans laisser ton rêve être ton maître
Penser, sans n'être qu'un penseur,
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu peux être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer triomphe après défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres la perdront,
Alors, les rois, les dieux, la chance et la victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut mieux que les rois et la gloire,
Tu seras un homme, mon fils.