burninghat a des idées courtes

Je lis moins vite…

Ou plutôt je lis moins bien. Ma “qualité de lecture” a baissé, il faut bien l’admettre.

Oh bien sûr c’est plus compliqué que ça ! En fait je suis capable de lire très vite à peu près n’importe quel document technique, d’extraire le sens à la plupart des articles de presse ou de blog en me contentant de le parcourir très rapidement du regard. Sans parler des emails évidemment, nous connaissons tous ça. Non, je n’ai vraiment aucun problème pour lire des tonnes et des tonnes de procédures à longueur de journée en fait. Pour absorber des donnéee utiles. D’ailleurs, quand on y pense, je passe même l’essentiel de mon temps à lire des trucs.

Non ce n’est pas ça le problème.

Je crois que je suis devenu un mauvais lecteur… de livres. J’ai beaucoup plus de mal à me plonger dans un roman et y rester, presqu’en apnée, durant des heures comme je le faisais gamin ou ado. Et quand je me laisse prendre par une histoire, même déjà lue auparavant, il me faut plus de temps pour la finir. C’est d’ailleurs en constatant le temps qu’il me faut pour relire certains ou le mal à m’immerger dans d’autres que j’avais dévorés plus jeune que je me suis rendu de ce souci. Mes plages de lecture sont plus courtes, moins intenses me semble-t-il.

Et ça m’attriste beaucoup ! Je refuse d’être inapte à la fantaisie quand je suis si doué pour ingurgiter de l’info (pas forcément si utile d’ailleurs). D’autant que j’aime lire des histoire. Vraiment ! C’est juste une activité que j’ai un peu délaissé faute de temps. Et aussi parce qu’à force justement de lire utile toute la journée, je n’ai pas toujours envie de lire pour mes loisirs.

Alors je m’accroche et m’impose un temps pour la lecture non-utile et le rêve en espérant que, tel un sportif reprenant une vieille discipline, l’aptitude à me plonger dans les romans et les dévorer me regagne.

D’ailleurs faut que je vous laisse, j’ai lecture.

La question était de savoir s'il voulait se priver de son compagnon à cause d'une querelle idiote et d'une empoignade grotesque pour savoir qui avait tort et qui avait raison. Or il semblait bien à Ralph qu'il ne le voulait pas, et si cela avait pour conséquence qu'il devait s'excuser auprès de Bill, ça n'était pas si terrible, non ? Pour autant qu'il le sache, il n'y avait pas d'arête cachée dans les trois mots : je suis désolé.

Stephen King, Insomnie

NB: l'emphase est de moi

La créativité tient à ce que ses propriétaires n'aient pas de contrôle absolu sur elle.

Lawrence Lessig, Culture Libre

Ça fait une dizaine de jours que je suis l’heureux propriétaire d’une liseuse Sony PRS-T1. Voilà bien un achat auquel j’ai réfléchi un bon moment avant de me décider. J’ai bien lu quelques bouquins sur mon iphone et même sur mon ipad. Mais si le premier s’y prête bien avec son écran rétina, le second est vite pesant — au sens propre — et les deux me cassent les yeux avec leurs écrans brillant. Du coup ce que je lisais un peu partout à propos de ces readers et de leurs fameux écrans eInk me séduisait beaucoup. Et j’ai craqué !

Culture Libre de Lawrence Lessig
Culture Libre” de Lawrence Lessig

Et je suis ra-vi ! C’est encore mieux que je ne l’espérais. Pensez donc :

  1. taille et poids parfaits : en gros, c’est comme un bon livre de poche
  2. je peux lire aussi bien en plein soleil que dans la nuit (grâce à la petite lampe LED embarquée dans la pochette que j’ai acheté en option)
  3. je peux lire sans lunettes de très près — je suis une taupe — sans me défoncer les yeux comme avec un bouquin papier et rien que ça justifie l’achat
  4. je peux trimballer mes bouquins et toutes mes docs de boulot dans le même appareil et sans me fusiller le dos. Epic Win !

Alors oui par contre c’est lent, même l’affichage est lent et ça peut surprendre. Mais encore, même ça, ça va bien avec la lecture je trouve.

Non le seul inconvénient est toujours le même éternel problème. Celui des éditeurs qui peinent à porter leur catalogue physique vers le numérique et quand ils le font c’est pour te refourguer un fichier aussi cher que le livre — ce qui est absolument injustifiable — et en plus à te le bourrer de DRM jusqu’à l’os.

Du coup je me tourne par exemple vers des éditeurs plus malins et plus modernes qui, eux, ont compris qu’on pouvait proposer des choses d’excellentes qualités sans coller des verrous partout et à un prix qui donne envie de payer.

Merci encore à la Fraise des Bois pour ses précieux conseils.

Il restera pour moi, le Maître des Mots. Bien avant tous les autres humoristes de l’absurde et du calembour qui allaient me fait rire, il était là. Pour dire, j’ai même du étudier le texte d’un de ses sketchs à l’école… Alors qu’il n’était même pas encore mort, surprenant non ? Pour une fois que j’avais un texte intéressant et drôle à étudier, je n’allais pas cracher dessus.

Il restera pour moi, le Maître des Mots.

Aujourd’hui j’ai découvert la revue numérique Angle Mort. C’est arrivé par hasard au détour d’un vieux commentaire sur l’excellent blog de David Bosman alors que j’y cherchais tout autre chose. Bien qu’il en a déjà parlé souvent mais je n’y avais jamais prêté plus attention que ça alors que là — sans raison particulière — oui.

Alors qu’est-ce qu’Angle Mort ? Et bien c’est une revue numérique de genre orientée Sci-Fi, fantasy, fantastique, etc. avec un concept simple mais très intéressant : c’est une revue trimestrielle contenant chaque fois 4 nouvelles. Là où c’est original c’est que la 1ère nouvelle est directement disponible en ligne gratuitement puis les autres au rythme d’une toutes les 3 semaines. Mais si tu es pressé et veux tout lire tout de suite, dans un format pdf, epub ou kindle — pour ta liseuse préférée — ou si tu veux tout simplement soutenir le projet, tu peux acheter le n° complet pour une somme presque symbolique : € 2.99 !

Bref, j’adore le concept ! Là je me suis offert le dernier numéro paru, le 6. J’avoue ne pas avoir été complètement conquis par les nouvelles en soit (mais il me reste la dernière et elle m’a l’air vraiment géniale pour le coup) mais je confirme que le concept est géant. Avoir une nouvelle puis une petite interview de son auteur, c’est top. Je vais suivre cette revue je crois :-)

Celui qui reçoit une idée de moi, reçoit une instruction sans diminuer la mienne ; de même que celui qui allume sa chandelle à la mienne, reçoit de la lumière sans me faire de l'ombre.

Thomas Jefferson, président des USA de 1801 à 1809, dans sa lettre à Isaac McPherson

Je viens de finir le recueil de nouvelles de Stephen King "Nuit noire, étoiles mortes". Autant le dire tout de suite, je ne suis pas un immense fan de ce recueil-là. Et pourtant d'habitude j'étais justement très friand des recueils de nouvelles de King.

Il y a de bons passages et notamment la nouvelle Extension Claire qui est très sympa dans son genre. Mais j'ai trouvé que c'était pour beaucoup de la redite, en moins bien, de ce qu'il a déjà si souvent écrit. J'y ai retrouvé du Dolores Claiborne, du Bazaar, du Misery, du Différentes Saisons entre autre. Et j'ai été relativement agacé par un placement de marques que j'ai trouvé assez peu à propos. Sur les 4 nouvelles on va trouver, hors les habituelles marques de voitures (beaucoup aussi), de barres chocolatées et autres accessoires de la vie courante :

  • Google, souvent
  • Twitter
  • Apple, souvent aussi
  • Bing, sûrement pour la parité avec Google
  • Wikipedia
  • Tom-Tom (qui sera presque un personnage à part entière de Grand Chauffeur)
  • Firefox
  • Youtube
  • Budweiser
  • Seven Up

Et avec tout ça je crois bien que j'en oublie... Bref, on pourrait presque croire que la pub a déjà envahi les livres (et bien sûr que le placement de marques n'est pas une pratique courante que dans le cinéma hein, ne soyons pas naïfs ;-)).

Mais alors que je n'ai pas particulièrement apprécié ce recueil plus que ça, King m'a récupéré avec sa postface. Je ne sais pas si vous lisez les postfaces mais en général moi oui. Et si j'apprécie beaucoup Stephen King l'auteur d'histoires de fiction, j'apprécie énormément aussi King l'auteur de postfaces. Il a un talent certain pour récupérer une histoire moyenne par une postface explicative de son cheminement pour écrire son bouquin. Et là ce fût le cas. De là à ne le lire que pour sa postface, je ne vais pas vous le proposer, ce serait injuste de ma part. J'ai eu le plaisir de retrouver un auteur que j'avais délaissé depuis un bail. Il ne m'a pas transporté comme il a su le faire avec Insomnie, La Part des Ténèbres et tant d'autres mais ça faisait plaisir de le retrouver quand même.

Un recueil à lire si vous le voulez mais qui ne vous manquera pas si vous le délaissez pour sûr.

GREETINGS PROFESSOR FALKEN
SHALL WE PLAY A GAME?

W O P R a.k.a. Joshua

Aujourd’hui, je me suis risqué à revoir un film qui m’avait fait rêvé enfant: WarGames de John Badham. Il m’a même fait rêvé souvent, parce que je l’avais vu plusieurs fois.

Alors pour les plus jeunes, WarGames est un film plus proche du techno-thriller que du film de science-fiction comme on l’y classe souvent. C’est l’histoire d’un jeune pirate informatique, assez doué pour le phreaking à ce qu’on peut voir dans le film, qui tombe accidentellement sur le serveur gérant le programme stratégique de lancement des missiles nucléaires du NORAD alors qu’il cherchait à pirater un serveur d’un éditeur de jeux vidéos. Ouais rien que ça ! Et en plus il lance une simulation sauf que celle-ci échappe à son contrôle et pourrait bien déclencher l’apocalypse nucléaire avec les gros vilains de l’époque: l’URSS.

Et là normalement on se dit qu’une histoire avec des ordinateurs, des pirates, etc. et sortie en 1983 (ouais coup de vieux, tout ça) ça doit avoir super mal vieilli et être d’un ennui profond. Allez, je suis sûr que c’est ce que tu penses ! C’est d’ailleurs pour ça que j’hésitais à le revoir, je le pensais aussi !

Bonne surprise pour moi, c’est toujours aussi excellent ! Alors oui bon c’est un film des années 80 et ça se voit. Ça on va pas dire le contraire. Mais punaise le scénario était trop bon quand même. Il faut dire qu’ils ont su trouver un équilibre bien trop rare mais efficace pour ce genre d’histoire:

  • être précis et réaliste sur certains aspects comme les hacks utilisés par le gamin. Pas de grosse esbrouffe impossible, c'est juste simplifié (comme la scène du phreak d’une cabine téléphonique)
  • ne pas balancer des infos techniques instantanément obsolètes comme on peut le voir actuellement dans toutes les séries et qui est d’une idiotie crasse. Donc là on va pas te parler de la vitesse de la connexion (qui doit être à pleurer vu qu’il utilise un modem acoustique qui devrait plonger le jeune spectateur dans une incompréhension totale) ou de je ne sais quelle super capacité de stockage démente de ses disquettes 5"1/4
  • faire plein d’allusions et d’hommages qui raviront tous les fans du genre

En vrac, pour les geeks, dans les techniques employées pour pirater des systèmes dans ce film, on trouvera du bête social engineering, du phreaking, du DoS et du Brute Force (ça, c’est Joshua qui s’en sert et c’est peut-être le côté le plus fantaisiste en fait: trouver un code à 10 caractères alphanumérique en brute force en un minimum de temps à cette époque-là, c’est vraiment de la Science-Fiction ;-)).

En conclusion si évidemment le matos a pris un coup de vieux il en prend de fait une dimension presque historique et ce film vaut encore vraiment le coup pour moi. Je me suis régalé et accessoirement je suis un peu retombé en enfance. Mais je ne sais pas si les plus jeunes pourront y trouver leur compte. À tester, vous me raconterez ;-)

THE ONLY WINNING MOVE IS NOT TO PLAY

W O P R a.k.a. Joshua

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