burninghat a des idées courtes

L'Education populaire, Monsieur, ils n’en ont pas voulu…

Christiane Faure

J’ai lu récemment ce superbe livre de Franck Lepage suite au visionnement de son deuxième spectacle dont je vous avais déjà parlé. En fait d’un livre à proprement parler, c’est plutôt une retranscription de son premier spectacle, Inculture(s). Spectacle libre de droit apprend-on d’ailleurs dans l’introduction ce qui ajoute encore à mon plaisir et à mon admiration pour cet auteur. Et du coup, si vous préférez le format numérique, vous pourrez trouver la version pdf librement disponible sur le site de Scop le Pavé (pdf).

Alors très simplement, je pourrais tenter de vous parler de ce livre sur bien des paragraphes, vous citer tous les passages forts qui m’ont fait rire, fait réfléchir — ce sont souvent les mêmes — mais le problème c’est que je risquerais de citer tout le livre.

Il est très court — à peine 110 pages et c’est écrit grand — et très rythmé. Il se lit donc très très vite. Du coup je me contenterais de vous dire que c’est vraiment un livre à lire absolument et 2 fois au moins. Et à réfléchir aussi. Surtout si les questions du rôle de l’éducation dans la politique d’un pays, de démocratie et de véritable culture sont des questions qui vous interpellent. Et toute cette histoire de Mademoiselle Christiane Faure, c’est si riche.

Moi, en tous cas, j’y ai pris un plaisir énorme. J’y ai appris beaucoup de choses. Et j’y ai pris beaucoup de choses à réfléchir.

Ah et grand plaisir pour moi, il parle aussi beaucoup du novlang utilisé en politique et dans La Culture et croyez-moi, c’est édifiant. Comme il le dit si bien Mesdames et Messieurs, on nous a volé des mots, et on nous a fourgué à la place de la camelote, de la verroterie, de la pacotille.

Est démocratique, une société qui se reconnaît divisée, c’est-à-dire traversée par des contradictions d’intérêt et qui se fixe comme modalité, d’associer à parts égales, chaque citoyen dans l’expression de ces contradictions, l’analyse de ces contradictions et la mise en délibération de ces contradictions, en vu d’arriver à un arbitrage

Paul Ricoeur

H2G2 Encore une chose

Eoin Colfer a signé ce 6ème volume de la mythique trilogie initiée par Douglas Adams. J’avoue avoir hésité vraiment vraiment longtemps avant de me lancer dans cette lecture tant j’avais peur d’être déçu par une histoire au rabais qui n’aurait fait que de reprendre les personnages et 2 ou 3 traits d’humour décalé. En gros une histoire qui se serait contentée de profiter de l’univers déjà vénéré d’H2G2 mais sans rien y apporter.

Au final je suis assez partagé… D’une part, Eoin a vraiment réussi un bel exercice de style en reprenant bien l’humour d’Adams. Il y a vraiment des passages hilarants comme par exemple l’entretien d’embauche de Cthulhu pour un poste de dieu de classe A. D’un autre côté il y a des longueurs assez pesantes. Chose que je n’avais jamais ressenti dans aucun des 5 autres volumes — du moins pas à ce point. Marvin manque à l’appel évidemment mais sera remplacé par une autre tête, c’est le cas de le dire.

Je crois que c’est à lire une fois si — et seulement si — on est déjà largement fan de cette saga, qu’on a achevé toute l’histoire originale en rigolant bien et qu’on veut retrouver une dernière fois Arthur, Ford, Trillian, Zaphod et les autres. Cependant il faut la prendre vraiment comme un hommage d’Eoin à Adams et non comme une véritable continuité sinon la déception sera au rendez-vous.

Eoin n’aura pas su me faire rire autant et aussi fort qu’Adams ni m’emmené dans les mêmes délires galactiques. Cependant il m’aura bien permis de retrouver pour un moment cet univers et ces personnages que j’affectionne tant.

Et je dois avouer que ça m’a donner envie de relire encore une fois toute la saga…

Aujourd'hui, une idée longue et à tendance citoyenne. Désolé!

Il y a une grande effervescence sur Internet depuis le "couac" du système d'e-vote de Genève. Avec notamment la lettre ouverte du Parti Pirate Suisse demandant l'arrêt pur et simple des essais de ce système, avec l'ami @SwissTengu qui pointe du doigt différentes défaillances techniques et le manque de transparence du système utilisé à Genève. Ce fut même le thème d'En Ligne Direct ce matin, la fameuse émission de la RTS qui flood agite Twitter tous les jours.

Ce qui me chagrine dans ce "débat" c'est qu'on pointe surtout des points qui sont certes importants mais largement secondaires face à ce qui me parait, pour moi, le vrai problème initial du système proposé. Alors oui bien sûr il y a d'énormes avantages de conforts, notamment pour les suisses expatriés. ça serait aussi génial pour tenter d'augmenter le taux de participation. C'est indéniable.

Et il y a les problèmes techniques, notamment tout ce qu'a soulevé SwissTengu dans les articles liés ci-desssus. Des problèmes d'ailleurs tellement graves parfois que des pays comme les US y renoncent pour le moment et qui s'expliquent très bien[pdf].

Eh bien pour ma part, je m'en fous de tout ça en fait, ce n'est que bullshit et masque de fumée du vrai problème.

Eh oui, je m'en fous parce que le vrai problème pour moi n'est pas là. Pour moi le vrai problème est très simple: les citoyens et surtout les citoyens "non-informaticiens" sont exclus du processus et doivent lui faire une confiance aveugle. Et ça c'est juste l'inverse d'un vote démocratique selon moi. Un vote doit impliquer des citoyens présents pour surveiller que le remplissage des urnes se passe de manière juste, des citoyens présents pour dépouiller les bulletins, se rendre des comptes bulletins invalidés, etc. Bref, un vote doit inclure des citoyens dont la seule compétence est de savoir lire et écrire (comme le dit si bien par exemple l'article 65 du code électoral de nos voisins français). Bon, et compter aussi :-)

On critique beaucoup les problèmes du vote par correspondance pour justifier le vote électronique alors que ce premier inclut toujours le citoyen dans le processus d'ouverture des enveloppes et du dépouillement. Il reste donc très largement meilleur à mon humble avis. D'ailleurs les défenseurs de l'e-vote m'ont semblé avoir tendance à ne considérer le rôle du citoyen dans le vote que d'un seul et unique côté: le citoyen qui dépose son bulletin dans l'urne. C'est bien mais ce n'est que la moitié de l'histoire, et encore.

Pour résumer ma pensée, le droit de vote doit inclure le droit de surveiller tout le processus par le citoyen. Et pas le citoyen expert en x ou y technologie mais bien le citoyen "lambda". Le peuple n'a pas à avoir confiance en un système qui lui échappe et là je vais plus loin que mes potes informaticiens parce que je ne crois pas que la simple ouverture des sources et des compilateurs soit suffisante. Parce que ça implique que le peuple doive faire confiance cette fois non seulement au système mais aussi à une poignée de geeks capables de comprendre le système, ça ne change donc pas grand chose au fond du problème. Le bon vieux système du vote papier - en allant aux bureaux de votes ou par correspondance - peut être compris et suivi en tant réel par le peuple sans compétences techniques préalables hors lire et écrire et c'est ce qui le rend le seul vraiment démocratique.

Le e-vote en l'état actuel des choses n'est donc absolument pas démocratique mais contraire à cette idée puisque l'outil de contrôle du pouvoir du peuple est détaché du peuple. Or, Abraham Lincoln le disait si bien, la démocratie c'est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple. Le e-vote, en l'état actuel, n'est qu'un parasite de ce système pouvant potentiellement le corrompre sans que le peuple n'en sache jamais rien.

Non seulement les tests doivent donc cesser mais il serait peut-être bon de réfléchir à l'impact de cet outil dans les résultats de votations où il a été testé précédemment aussi.

Ceci dit et pour conclure à la façon de Marvin, je n'ai aucune confiance pour que ça s'améliore parce que ce même peuple semble si déterminé à renoncer à ses droits et devoirs les plus fondamentaux pour un peu d'illusion de confort...

Hier, via un lien trouvé sur Twitter, j'ai découvert Franck Lepage et surtout ce "spectacle conférence" sur l'inculture. Et ça m'a fait une très très forte impression. Je vous invite vraiment à regarder les vidéos de ce monsieur. D'ailleurs je vais vous les remettre ici et en html5 pour plus de confort.

Je serais curieux de connaitre vos impressions suite au visionnage de ces vidéos.

Une famille est un groupe d'êtres qui ont de l'affection l'un pour l'autre, même si ce groupe comprend un robot.

Sheila Finch, "PAPPA", une nouvelle tirée de "Les Fils de Fondation"

Si tu as deux heures et demi devant toi et envie de comprendre un peu pourquoi l'économie de nos pays est un tel état déplorable. C'est vraiment édifiant.

précédente page 2 sur 4 suivante »